Et si évoluer c’était se déployer plutôt que se transformer ?

Longtemps j’ai cru qu’évoluer c’était me débarrasser, me nettoyer de ce qui n’était plus moi. Ma perception à présent est que je me déploie en incluant davantage de facettes de mon existence, tel un arc-en-ciel dont chaque nuance devient de plus en plus perceptible.

Grandir est ainsi un équilibre de la Vie en moi. Impossible de grandir vers le haut sans descendre vers le bas, d’avancer vers l’extérieur sans aller vers l’intérieur, de progresser vers le lumineux sans s’enfoncer dans le sombre, d’évoluer en conscience sans m’installer dans mon humanité

Ainsi je n’abandonne, ne rejette, ni ne transforme rien de moi. J’éllargie mon regard sur la vastitude de la Vie que je suis. Tel un cristal je n’existe qu’un incluant chacune de mes facettes, de la plus éclairée à la plus ombragée. Tel un arbre je suis stable et aligné uniquement en ayant des racines aussi vastes que mes branches. Tel un être humain je suis vivante seulement en accueillant le plus vulnérable de mon humanité tout autant que le plus conscient en moi.

La justesse de mon expérience de vie est ainsi d’être présente à mon corps, mes émotions et mon humanité tout autant qu’à ce qui m’allume, m’anime et m’inspire. J’apprends là ce que certains appellent le centrage tel un aller-retour permanent entre ce qui vibre dans mes tripes ainsi que dans ma tête, entre ce qui éveille mon envie et ce qui assure ma solidité, entre l’apesanteur qui me permet d’avoir les pieds sur terre et l’inspiration.

Peut être est-ce cela agir par intuition ?

« Être sur son X »

Cette expression québécoise fait référence au fait être à l’endroit de la scène où l’on est sous les projecteurs et donc en pleine lumière. Cet emplacement est marqué un sol par de la bande adhésive formant un « X ». Cela s’apparente à trouver son IKIGAI, (IKI = Joie de vie et GAI= sa raison d’être, le « pourquoi je me lève le matin » et aussi un des facteurs de longévité dans l’archipel d’Okinawa). C’est aussi trouver sa voie, être à sa place, réussir sa vie, se réaliser pleinement, faire ce que je suis, contribuer de mon mieux à ce monde, vivre le plus créatif en moi….

N’est-ce pas là l’aspiration de chaque Être humain ?!?!

Seulement voilà, il n’existe ni recette, ni mode d’emploi généralisable ni transposable. C’est donc à chacun de le découvrir par soi-même en expérimentant.

Cela peut également résonner avec le fait de se vivre « centré », c’est-à-dire centré entre la tête et le corps, autrement dit entre le monde conceptuel du mental, des idées, des projets d’une part et le concret d’autre part, notamment celui de notre ressenti corporel. Cela revient donc également à vivre les choses par le cœur, ce point de rencontre, cette zone énergétique autant à l’écoute de la tête, de l’Âme et de l’Esprit qu’en contact avec le corps et ses besoins.

Ainsi être réellement et intensément vivant c’est être présent à l’expérimentation d’une rencontre

La vie d’avant

Y'a toujours une dernière fois
Dernier matin, dernier regard.
Y'a toujours une dernière fois
Dernier restau, dernier voyage.

Mais on s'accroche, mais on retient,
Encore une fois, encore un train.
Mais on s'accroche, mais on recule,
Encore une heure à la pendule.

Chacun des pas fait en arrière 
Éloigne un peu de la lumière.
Chacun des pas vers le passé
fait juste rien que m'enliser.

La vie d'avant, la vie normale.
Retour au calme et au banal.
La vie d'avant, la vie d'hier
Tel un refus de la poussière.

Mais au dedans en attendant
Toujours le chaos, le néant.
Mais au dedans où nul ne vas
Y'a juste à peine un cœur qui bat.
Y'a toujours une dernière fois
Dernier pas, dernier sanglot.
Y'a toujours une dernière fois
Dernier repas, dernier repos.

Mais on s'accroche, mais on retient
Encore une fois, on aimerait bien.
Mais on s'accroche, mais on résiste
Encore une danse sur la piste.

Chacun des pas fait en arrière 
Même si c'est vers la misère.
Chacun des pas vers le connu
N'est que pour dire "j'ai survécu".

Vécu dessus, vécu de loin
Déconnecté de mes besoins.
Vécu déçu, vécu dehors,
avec l'illusion du décors.

Mais au dedans en attendant
Y'a un trésor toujours vivant.
Mais au dedans si tu y vas
Tu y verras que tout est là.
Y'a toujours une dernière fois
Dernier souffle , dernier geste.
Y'a toujours une dernière fois
Dernier chemin avec c'qui reste.

Mais on s'accroche, mais on renonce
Au vide et à ses réponses.
Mais on s'accroche, mais on entasse
Quitte à y laisser sa place.

Chacun des pas fait en arrière 
Tel un refus de la matière.
Chacun des pas fait vers le bas
Nous fait croire d'être ce qu'on n'est pas.

Se croire là-haut comme une trêve
À cette lumière incarnée.
Se croire là-haut alors qu'on traine
Des cailloux qu'on croit étoilés.

Alors si la vie est un rêve
De la lumière dans l'êtreté
Alors si en vie tu te lèves
Reconnaissant d'être un car né
Alors ton en vie tel un glaive
Planté en terre pourra briller.
Ainsi en toi la vie se lève
réveillant ta souveraineté.
- Mikaëla Lantoine-
État

Référentiel

Dans le langage actuel, dire « Cela ne fait pas partie de mon référentiel » c’est exprimer que ce dont il est question ne fait pas partie des choses que l’on connait, en d’autres mots qui font partie de nous puisque l’on ne peut reconnaitre que quelque chose qui est soi.

Je vous propose d’explorer davantage ce mot par différentes approches.

Le mot « référence » vient du latin referre de fero (« porter »), de l’indo-européen commun *bʰer-, qui a également donné en anglais bear dont le sens peut être « porter, produire, supporter, apporter » et aussi « avoir en soi ».

Le mot « porter » vient lui du latin portare (« transporter » littéralement « porter au-delà») de portō, lui même de portus (« port ») de la racine per (« à travers ») dont est issu le grec πόρος, poros (« passage ») et dont provient également porta (« ouverture, porte »).

En langue des oiseaux, cela peut exprimer « réfer en ciel » ou « réf. est en ciel ». Le mot « ciel » vient lui du latin caelum, de l’indo-européen commun *(s)kai[1] (« brillant ») lié au grec ancien αἰθήρ, aithêr (« ciel, éther ») et αἰθαλος, aithalos (« étincelle »).

Ma synthèse intuitive de tout cela est que mon « référentiel » est ce qui m’éclaire de l’intérieur en miroir dans l’extérieur . C’est ce que je porte en moi, autrement dit cette lumière que je suis. C’est ce qui m’éclaire afin que je ne m’égare pas de moi-même et qui rayonne la vie que je suis. C’est l’expression du plus grand que ce personnage auquel je m’identifie, ce divin en moi qui me guide durant cette traversé, cette expérience duelle qu’est la vie . C’est ce qui fait Loi pour moi et reflète le sens de mon existence incarnée.